Consacré au lien mère-fille, ce blog rassemble des données sur le sujet : bibliographies, traitement dans la presse et la culture. Il vise à informer sur la problématique liée à ce lien premier - qui influence tous les autres - pour aider à prendre conscience et accompagner sur le chemin de la Guérison
"La Griffe (A71)"
Pièce de théâtre de Claude d’Anna et Laure Bonin
Je vous invite à découvrir ce texte dans lequel TOUT semble témoigner d’un dysfonctionnement familial dû à la présence d’une "Surmère".
Irène, le personnage principal, en présence de sa Mère et de sa sœur.
Ses rapports conflictuels avec sa fille …
Les hommes auxquels on prête peu d’attention, et qui pourtant – en tant que père, mari ou amant – sont au cœur des préoccupations de ces femmes …
Les allusions au corps, en passant par les petits-fils qui ne présentent guère d’intérêt, par le simple fait qu’ils soient des garçons !
Sans oublier le titre de la pièce qui résume à lui seul la nature des relations inter-familales et le malaise d'Irène.
La griffe symbolise tant l'enfermement dont Irène est l'objet, et dans lequel elle a entrainé sa fille - qui n'a pas d'autre moyen pour s'adresser à sa mère que de publier un livre - que le malaise profond et la confusion qui l'envahit quand s'opère la vente de "sa griffe", autrement dit une part de sa vie professionnelle, mais surtout de son identité ...
Le compagnon d’Irène, qui a eu une relation avec la fille de cette dernière - comme pour souligner la confusion entre les femmes de la famille - est doté par les auteurs de répliques criantes de vérité.
C'est à ce personnage masculin que je laisse la parole pour conclure cet article :
« On ne dira jamais assez la terrifiante pression de la douceur maternelle … »
« On s’entendait bien ! Mais je m’en fous de bien m’entendre avec toi ! On s’entend toujours bien avec les gens qui vous indifférent, il suffit d’être bien élevé … »
« On ne disait rien ! Avec toi, on ne dit jamais rien, les sujets graves sont interdits ! Les rues sont barrées ! Dès qu’on aborde certaines questions, tu deviens sourde, insensible, anesthésiée ! C’est comme de gifler un cadavre ! »
L’avant-scène théatre
Bi-mensuel. 15 janvier 2002. N°1104