Consacré au lien mère-fille, ce blog rassemble des données sur le sujet : bibliographies, traitement dans la presse et la culture. Il vise à informer sur la problématique liée à ce lien premier - qui influence tous les autres - pour aider à prendre conscience et accompagner sur le chemin de la Guérison
Suite à l’atteinte de son psychisme, au cours de sa propre enfance,
la mère n’a « aucune place pour une autre qu’elle-même dans la matrice imaginaire maternelle »(1)
Elle se pose donc en "Surmère"(1) et impose une fusion Mère-fille.
Par suite, je caractériserai ce type de relation de "filiation-fusion". En outre, par constraste avec la dénomination de "Surmère", mais aussi pour imager la position de l'enfant, je parlerai parfois de "sous-fille" pour caractériser cette dernière.
Le terme est fort mais non péjoratif ; il veut marquer le fait que prisonnière de cette relation, la fille ne peut avoir accès à elle-même.
Le processus est très bien décrit par P-C Racamier :
Si la mère " entend donc inclure l'enfant en elle-même une fois pour toute, cet enfant narcissiquement séduit doit être comme s'il n'était pas né. Il ne faut pas qu'il opère cette seconde naissance qu'est la naissance psychique : il ne faut pas qu'il croisse, qu'il pense, qu'il désire, qu'il rêve.
Il restera pour la mère un rêve incarné : un fétiche vivant.
Mais peut-il encore avoir des rêves, celui qui est un rêve ?
Pas plus que de rêver, il ne devra penser : la séduction narcissique ne tolère ni le désir ni la pensée, qui sont preuves d'insurrection"
Et Racamier ajoute que pour éviter qu'il ne soit, il faut le nourrir sans cesse.
Pour éviter qu'il ne désire, il faut désirer à sa place (et présenter cela comme une offre exceptionnelle, ajouterons-nous)"(2)
(1) Doris-Louise Haineault "Fusion mère-fille : sans sortir où y laissez sa peau "
(2) Alberto Eiguer "Le pervers narcissique et son complice"