Consacré au lien mère-fille, ce blog rassemble des données sur le sujet : bibliographies, traitement dans la presse et la culture. Il vise à informer sur la problématique liée à ce lien premier - qui influence tous les autres - pour aider à prendre conscience et accompagner sur le chemin de la Guérison

Témoignage : Du Mutisme à la Vie ..!

D'abord, je voudrais souligner le courage de Françoise Laborde.Françoise Laborde-copie-1

Se dévoiler n'est jamais facile, surtout lorsque l'on est un personnage public, et que le récit implique d'autre personne reconnaissable - en l'occurence sa soeur.

Pour une fois, Françoise Laborde a-t-elle fait ce qui était bon pour elle, pour elle-seule, elle qui a toujours cherché sa place dans sa fratrie, elle dont on faisait, semble-t-il, si peu de cas ...?

L'écriture offre sans doute à celle qui était parfois "muette" l'occasion de se dire et d'ainsi d'exister ... au sens d'"ex-istere", "se tenir distinguée", se différencier, être pour soi et non plus telle que votre famille aimerait que vous soyez ...

Notons que devenir présentatrice du journal de 20h était aussi se soumettre à un certain verdict de l'autre, image et taux d'audience attendus ... 

Ecrire et être publié, c'est aussi partager, un partage qui semble lui avoir manqué. Son père était taciturne et vivait les choses de son côté, "dans son bureau". 
Quant à ses deux soeurs ainées, la différence d'âge peut-être avec la première, la jalousie de la seconde, les relations que la mère n'a pas su tisser entre-elles ...  

Venons-en à Elle, justement, à cette mère atteinte de la maladie d'Alzheimer, maladie qui autorise enfin à se pencher sur sa génitrice ... jusque-là sur son piedestal. 

Cette mère était-elle une Surmère ? Le livre n'est pas une enquête sur le sujet, mais offre quelques éléments donnant à réfléchir.

Manifestement, l'image était très importante pour elle. Il y avait bien-sûr l'image de son rang social mais aussi sa propre image, celle d'une belle femme, peut-être prisonnière de l'apparence. On sait combien cette prison - avec son corollaire, la quête perpétuelle de perfection - nourrit le déséquilibre narcissique qui lui-même alimente le noyau dépressif.
La mère de Françoise Laborde était d'ailleurs souvent cantonnée dans sa chambre aux prises à de terribles migraines. Sa fille émet d'ailleurs, entre-autres, l'hypothèse que la maladie serait venue effacer le vieillisement ; sa mère est redevenue une petite fille qui attend sa maman, une femme sans mémoire donc sans âge ...

Tout semblait tourner autour d'elle, le tout renforcé par un mari ébloui par sa femme, un mari qu'elle n'a sans doute pas choisi au hasard, d'autant qu'elle n'a pas fait un mariage d'amour, mais qu'elle s'est mariée pour pouvoir avoir des enfants. 

La reproduction du "même" étant au coeur de la "filiation-fusion", rappelons d'abord que ces enfants seront trois filles !
L'aînée, écartée du foyer familial à l'arrivée de sa cadette, a ainsi échappé à la dépression maternelle et à l'emprise qui en découle. Même si ce sentiment d'"abandon" est difficile, cette épreuve l'a sans doute aussi protégée, lui donnant la force de se rebeller, l'aidant à se construire en réaction à ... au point de se marier très jeune, peut-être pour quitter le foyer familial ...

Sa cadette n'a pas cette "chance" et est littérallement aspirer dans un jeu de miroir qui la valorise autant qu'il dissout sa personnalité. Le miroir semble s'être d'ailleurs refermé sur elle. Le miroir télévisuel, elle qui révait d'une carrière de comédienne... le miroir maternel, elle qui comme sa mère a abandonné ses rêves d'aventures ...

Et puis, il y a Françoise, peut-être l'enfant de "trop" ? 
L'enfant de la culpabilité, celle de ne pouvoir, à défaut de l'aimer, au moins offrir à son mari, un garçon. Cette enfant est comme laissée de côté. Comme pour sa soeur aînée, cette relative indifférence la protège sans doute mais elle est aussi douloureuse.

Du reste, à des degré différents, aucune des soeurs n'échappera à l'héritage maternElle..
'en veux pour preuve les difficultés rencontrées par chacune dans leurs vies de femme...

Merci pour ce témoignage touchant, criant de vérité.
Je crois que celle-ci, la Vérité, est un porte importante vers la guérison, elle appelle la connexion au réel, au Vivant ...!  

 

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