Consacré au lien mère-fille, ce blog rassemble des données sur le sujet : bibliographies, traitement dans la presse et la culture. Il vise à informer sur la problématique liée à ce lien premier - qui influence tous les autres - pour aider à prendre conscience et accompagner sur le chemin de la Guérison
Le titre de cet article est aussi celui d'une chanson d'Agnès Bihl.
"La plus belle, c'est ma mère", pourquoi pas.
Sauf que quelques lignes plus loin, le texte explique que la jeune fille, elle, ne s'en sort pas dans sa vie de femme.
Peut-être que ce dont elle ne peut sortir est de l'ordre d'une comparaison qui écrase,
d'un miroir qui nivelle et voudrait confondre l'une et l'autre ...
Je remercie cette artiste - que je vous invite, par ailleurs, à découvrir à la fois pour son talent et ses engagements - de me permettre, grâce à ce texte, de revenir une fois de plus sur ce lien filial
Empreinte ;
Emprunté à l'autre ;
Etre empruntée,
Par manque inconscient de naturel,
Se sentir gênée,
Par l'absence de SOI
Par le manque d'ETRE !
« Je ne peux pas cracher sur ma mère sans me renier et me détruire puisque j’ai longtemps rêvé d’être comme elle en désespérant souvent y parvenir un jour.
Je ne peux pas regarder comme je sens, aujourd’hui, qu’elle est en réalité, puisque c’est son exemple qui m’a happée, qui m’a hantée, qui m’a inspirée.
Je ne peux tout de même pas m’être trompée à ce point.
Je n’ai pas pu me construire sur du semblant. Ce serait effrayant !
Je n’ai pas pu me laisser prendre à une image. C’est impossible !
Et, me le dirait-on, que je récuserais une telle opinion.
Je veux bien avoir évolué. Mais je reste celle que j’ai toujours été, depuis ce tout premier âge où le son de sa voix, son parfum, son sourire, le bruit de ses pas suffisaient à me donner l’idée la plus juste de toute la merveille du monde.
L’amoindrir c’est m’amoindrir. La casser c’est me casser.
La mépriser c’est me mépriser. La juger c’est, non seulement me juger, mais m’exposer à être un jour jugée à mon tour.
Et comment imaginer que j’aie pu un jour ne pas m’en sentir aimée. Si je ne l’avais connue aimante et si je ne la reconnaissais pas encore à ce jour aimante, que pourrais-je faire de ce désert affectif et pourrais-je me sentir un jour digne d’un quelconque amour ?
Il n’est pas possible qu’il en soit comme il m’arrive de penser qu’il en est et que je me surprends alors à me trouver clairvoyante. C’est moi qui ai dû faillir. Ça ne peut être que moi.
C’est certainement moi qui l’ai déçue. C’est moi qui n’ai pas été à la hauteur et qui n’ai pas dû répondre à son attente. C’est moi, ingrate, stupide et égoïste, qui n’ai pas su l’apprécier et la comprendre. Et me voilà à tempêter bêtement une fois de plus comme l’insupportable petite fille gâtée que j’ai du être »
« Les Filles et leurs mères », Aldo Naouri, Odile Jacob, 2000