Consacré au lien mère-fille, ce blog rassemble des données sur le sujet : bibliographies, traitement dans la presse et la culture. Il vise à informer sur la problématique liée à ce lien premier - qui influence tous les autres - pour aider à prendre conscience et accompagner sur le chemin de la Guérison
Quand on se penche sur le sujet de la garde d’enfant, on dénonce toujours - à raison - les mauvaises expériences vécues avec la nounou. Alors, une fois n’est pas coutume, je voudrais ici témoigner d’une difficile expérience en tant que nounou, épisode en lien avec la relation mère-fille !
Ils étaient trois. Parfaitement alignés, sourires aux lèvres, me saluant poliment. Je venais de franchir la porte pour l’entretien qui allait décider si je serai leur future nounou. Leur mère les avait si bien préparés qu’elle s’est sentie obligée de dire qu’ils n’étaient pas toujours aussi charmants. De fait, j’allais rapidement m’en rendre compte !
Tout se passait bien avec le fils aîné (qui pourtant semblait poser problème à ses parents, notamment au papa, auquel il ne ressemblait pas). C’était compliqué avec son frère, le plus jeune de la famille qui n’écoutait guère - et qui pour me faire comprendre que je n’étais pas la bienvenue, avait décidé de déféquer à côté des toilettes -. Mais ce n’était rien, comparé à ce qui se passait avec sa sœur…
J’allais rapidement comprendre en échangeant avec son grand frère, et la concierge, que je n’étais pas la première à faire les frais de leur traitement de faveur. Les nounous avaient défilé, la fille au pair avait fait ses valises… d’où l’accueil soigneusement préparé qui m’avait été réservé !
Signalant les difficultés rencontrées aux parents, je devais comprendre que la maman avait cessé de travailler pendant longtemps, puis avait choisi de reprendre une activité professionnelle ; le père m’expliquant que les enfants s’ingéniaient à « faire craquer les nounous » pour que leur mère reprenne sa place au sein du foyer familial.
Certes, mais il y avait autre-chose avec Virginia (je change le prénom de la fillette), ou cette situation lui pesait davantage ! Elle ne me disait pas bonjour quand j’allais la récupérer à la sortie de l’école. Il n’y avait aucun échange. Elle refusait de jouer. Au goûter, elle plaçait la boite de céréales entre nous, précisément pour qu’aucun « nous » ne puisse exister.
Quelle souffrance !
Elle ne voulait pas faire ses devoirs, même si, quand enfin nous nous y mettions, mes encouragements l’apaisaient un peu. Par contre, elle faisait de très grosses colères quand je lui paraissais être trop exigeante. Evidemment, le passage à la salle de bain était aussi toute une histoire ! Et des histoires, elle était prête à en raconter pour que ses parents se séparent de moi. Heureusement, ce jour-là, son frère avait vu que je ne l’avais pas frappée.
Je suis finalement partie, laissant cette petite fille à son histoire... familiale, à cette mère, de fait absorbée par son travail, mais aussi par sa propre personne, super-woman infaillible, fière de sa petite fille - son prolongement - et qui n’entendait évidemment rien à la problématique que j’essayais de soulever.
Je pense que pour Virginia, le problème était exatement l'inverse de ce qui avait été analysé en famille. Pour elle, il y avait un trop plein de mère, de cette mère-là qui l'étouffait, quand bien même elle passait moins de temps à la maison. Je crois aussi qu'elle sentait que je percevais ce qui se passait, ce qui la rendait d'autant plus agressive, car bien qu'en souffrance, l'enfant ignorant tout de la liberté qui l'attend, ne veut pas être arraché à sa mère !
C’est finalement au père que j’ai exprimé le plus clairement les choses, l’invitant à prendre sa juste place entre mère et fille !