Consacré au lien mère-fille, ce blog rassemble des données sur le sujet : bibliographies, traitement dans la presse et la culture. Il vise à informer sur la problématique liée à ce lien premier - qui influence tous les autres - pour aider à prendre conscience et accompagner sur le chemin de la Guérison
Je profite de ce joli téléfilm pour faire un petit rappel du portrait robot de la Surmère, en l'occurrence le personnage de la grand-mère de Juliette.
Fixée sur son image, auto-centrée sur sa propre vie, pas très présente mais si envahissante ...
Une scène du film est très révélatrice du mal-être de cette femme et du malaise que cela fait planer sur la famille. Le personnage de Corinne Touzet reproche à sa mère de ne pas avoir aménagé sa maison pour faciliter la circulation du fauteuil roulant de sa petite-fille, d'être peu présente en tant que grand-mère et de peu de soutien en tant que mère ...
Celle-ci rétorque qu'elle ne veut pas être une "grand-mère poule corvéable à merci", autrement dit que rien ne doit venir déranger son petit monde qui la rassure et dans lequel elle refuse de vieillir - elle reprend d'ailleurs Juliette quand celle-ci l'appelle grand-mère -.
Elle fait encore remarquer à sa fille, qu'elle aussi, l'a élevée toute seule, et qu'elle "non plus n'a rien fait d'autre que de l'élever pendant des années" ... comme si sa fille devait se plier aux mêmes difficultés, payer d'une certaine façon de l'avoir "handicapé" dans sa vie de femme, comme s'il lui était impossible d'envisager un avenir plus doux pour sa fille, impossible d'appréhender que la situation soit quelque peu différente du fait du handicap de Juliette ... A son corps défendant, elle dut être une mère poule, elle ne sera pas une grand-mère corps-viable à merci ...
Au paroxysme, la dispute dévoile encore le psychisme de la Surmère : tout cela est de la faute de sa fille qui a manqué de l'écouter quelques années plus tôt, alors qu'elle lui faisait part de ses réserves concernant le futur père de Juliette. Nous y voilà ! Sa fille n'aurait jamais dû devenir une femme. Comme cela ne peut être énoncé ainsi, la Surmère s'en prend au partenaire choisi, qui est ici clairement accusé d'être responsable de la maladie de Juliette. Ce qui est beau, c'est justement que cette maladie ne pouvait être que le fruit du mélange, comme si, à travers la maladie "gêne-éthique", il s'agissait de reconnaître l'Autre...